Vivre l'Achat d'un Voilier

Chapitre Précédent Chapitre Suivant

Je me présente dans la page Capitaine.
Cela fait une bonne quinzaine d'années que je pratique la voile, d'abord en dériveur 420 et en catamaran de sport (Hobicat 16), puis en croisière côtière (Sun Légende 41, Sun Fast 32, Gib Sea 920, First 45F5, Ovni 385) et en régate (Sun Fast 32). J'ai même poussé la porte de l'enseignement en passant mon brevet de moniteur fédéral de voile, histoire de maîtriser un peu plus le domaine.
Habitant et travaillant en région parisienne, cela n'est pas si facile d'allier le plaisir de la mer et les contraintes de la vie quotidienne.

20 mai 2001 - Le début

Tout change, je suis, enfin, libéré des contraintes du métro (RER), boulot, dodo. Donc, je vais pouvoir lancer l'un des projets auxquels je rêve depuis plus de sept ans.
En fait, c'est à la suite d'une sortie en voilier avec un très bon ami, Didier, que j'ai pris conscience que la mer me manquait vraiment, faire de la voile pendant les vacances est trop frustrant. Didier m'a proposé de faire une semaine de voile sur un Sun Légende 41 en partant du port du Crouesty. Une balade dans la baie de Quiberon avec la visite des îles de : Belle-Ile, Groix, retour sur le golfe du Morbihan en passant près de La Teignouse, avec une superbe entrée de nuit dans le Golfe et un "plantage" dans la vase en arrivant à l'entrée du port de Vannes, notre point d'arrivé pour la nuit. Le niveau de l'eau était vraiment trop faible pour le Sun Légende, après nous être dégagés de la vase, au bout de 5 minutes d'effort, nous sommes repartis en arrière pour nous poser dans le petit port d'Anna-en-Séné, où nous avions suffisamment de fond pour le bateau, nous pouvions récupérer nos amies pour un petit restaurant bien sympathique à Vannes.
C'est en me promenant dans une librairie, ce que je fais souvent avec plus de mille cinq cents livres de Science-Fiction, j'ai acheté par hasard un livre de Bernard Moitessier : Voile, mers lointaines, îles et lagons . Cet achat a eu lieu au cours de l'année 1996, comme beaucoup d'autres personnes avant moi, se balader de port en port et rencontrer des personnes de tous horizons correspond bien à mes envies, comme beaucoup de lecteurs de Bernard. La grande différence, j'avais déjà l'idée mais pas la méthode, ce que m'a donné ce livre.
Vous l'avez compris, mon projet est de faire une belle balade sur la mer, tranquillement, en prenant le temps qu'il faut, mais en évitant autant que possible les cyclones et autres tempêtes...

21 mai 2001 - Recherche du bateau

Maintenant, il faut trouver le bateau ! Oui, mais lequel ? Quillard, dériveur lesté, intégral, bi-quille, multicoque ? Le choix est tellement large qu'il faut tailler dans le vif du sujet, lister les avantages et inconvénients de chaque formule, formation professionnelle oblige, je découpe le projet en rondelle !
Je choisirais bien un multicoque, mais les prix sont vraiment excessif pour moi. Donc, je me rabats sur un monocoque :

  1. en aluminium : solide, mais électrolyse et difficile à réparer,
  2. en acier : solide et facile à réparer, mais entretien lourd et régulier contre la rouille,
  3. en polyester : facile à réparer, mais osmose et plus fragile,
  4. en bois : solidité plus faible que l'acier et facile à réparer, mais pourrissement possible.
  5. en béton : lourd, très difficile à réparer, pas chère.

Le choix n'est pas simple. Cela dit, la rencontre avec un conteneur ou un tronc d'arbre avec un voilier en aluminium ou en acier doit être moins stressant par rapport à une coque en fibre de verre, plus fragile au choc. Mais c'est un sentiment très français, qui ne reflète pas la réalité.
Le but est de trouver le voilier "idéal" pour moi, reste à savoir ce qui existe sur le marché à des tarifs raisonnables pour mon portefeuille.
Recherche sur Internet, lecture des petites annonces des revues nautiques (Voile Magazine, Voile et Voiliers, Loisirs Nautiques), visite des ports de La Rochelle, Saint-Malo, Le Croisic, La Grande Motte, Cap-d'Agde, Gravelines...
Caractéristique des voiliers de type Ovni, Légende, Via, Atoll, Vulcain, Atlas, Romanée, Bieroc, Alibi, Scorpion, Rêve d'Antilles, Atch... Que de noms, de types, de longueurs, de tirants d'eau différents dans une fourchette de prix raisonnable, si possible : moins de 38.000 €.
Prise de contact téléphonique, sur une première liste de bateaux qui correspondent à mes critères "relativement" simples, à savoir :

  1. Longueur supérieure à 10 mètres et inférieure à 12 mètres,
  2. Tirant d'eau inférieur à 1 mètre pour un dériveur ou 1,50 mètre pour un quillard,
  3. Matériaux : acier ou aluminium,
  4. Enregistré en première catégorie (car souvent en deuxième),
  5. Prix inférieur à 38.000 € (après négociation).

Cinq critères qui sont tout de même assez difficiles à mettre sur un même bateau. Il faut aussi que le voilier navigue, afin de le rapatrier sur la région parisienne pour que je puisse appliquer mes propres modifications et préparations nécessaires à cette aventure.
Coups de téléphone aux propriétaires et revendeurs d'occasions, questions sur le tirant d'eau, la catégorie, les raisons de la vente, l'endroit où est visible le voilier, envois d'éMail pour avoir les inventaires et photos, enfin, prise de rendez-vous.
Un premier contact est établi pour un voilier Scorpion 10, avec un tirant d'eau de 1,60 mètre, bien équipé. Le problème est qu'il est visible au Brésil, avec donc la difficulté d'aller le voir et aussi de le rapatrier ! Moi qui souhaitais m'entraîner avant de prendre le large ! Je mets cette annonce en réserve, car on ne sait jamais.
Deuxième contact pour un Légende 36 DI, sans autre précision sur l'annonce. En fait, il s'agit d'une coque vide avec un moteur neuf pour la somme de 48.700 €, beaucoup trop pour moi, de plus, il faut compter plus du double pour avoir un voilier en état de naviguer.
Contact suivant, il s'agit d'un Atoll 10,10 visible à Gravelines (62), le vendeur n'est pas très causant et me laisse un peu perplexe. Il me dit que ce voilier est particulier ! Prise de rendez-vous et première visite à Gravelines, petite ville coincée entre Calais et Dunkerque, où le port est situé à la sortie d'un ancien fort Vauban intéressant, sur le fleuve Aa. Le voilier est en acier, fait maison par un professeur de technologie. La coque externe est en bon état, mais l'intérieur est vraiment particulier comme me le confirme le vendeur. Le principal souci, hors le changement de catégorie de navigation de seconde en première (qui n'est pas garanti) sont les nombreux points de rouille dans les fonds, difficilement accessibles, voire impossible d'accès. De plus, l'intérieur des années 70 est très sombre et pas enchanteur, le travail de remise en état et le remplacement d'un certain nombre de pièces d'accastillage semble rebutant, mais le prix assez faible (25.500 €) permet d'envisager des travaux importants. Après comparatif avec d'autres voiliers, je ne l'ai pas retenu, vraiment trop de travail (au moins un an) et le changement de catégorie qui n'est pas une affaire aussi simple, je ne connaissais pas encore le pavillon belge à l'époque.
Je repars à nouveau à la recherche de la "bête", coups de téléphone, les autres voiliers de la liste étant soit déjà vendus, soit de catégorie trop faible, souvent en 4° car le coût de survie est moindre.
Et puis, un autre voilier en vue, un Atch 10,50 de 1984, avec un dossier complet et l'envoi par éMail de photos donnant une idée assez intéressante du bateau. Prise de rendez-vous à La Grande Motte, et préparation de cette visite.
Entre temps, analyse des différents catalogues des fournisseurs pour se faire une idée des compléments et remplacements des éléments qui devraient être changés sur les voiliers d'occasion, comme par exemple : la survie.

26 mai 2001 - Les visites

Départ de la région parisienne, le dimanche 25 mai 2001 vers le soleil du Sud de la France, 8 heures de voiture, arrivée sur le port de La Grande Motte. Il est tard, le bureau de vente est fermé, mais je fais le tour du port et tombe sur le voilier tant convoité, le Atch 10,50, extérieurement il est assez grossier, quelques tôles ont bougés lors des soudures, mais il paraît en bon état. Je reviendrais le lendemain matin, pour le rendez-vous. De l'intérieur, il n'est pas aussi beau que sur les photos, nombreux points de rouille dans les fonds, hublot craquelé, infiltration d'eau, rouille importante... Bof.
Je suis sur place et j'en profite pour voir d'autres unités, un Bieroc en acier en très bon état, pas de rouille dans les fonds, équipé en ketch avec un tirant d'eau de 1,70 m. Il sort de ma fourchette de prix, dommage.
Visite d'un Neptune 99, en polyester, en seconde catégorie, en DL à Cap-d'Agde, il ne correspond pas aux critères, mais c'est un voilier qui m'a fait bonne impression.
Passage à Palavas, pour voir un "Bête Servantine", bateau sympathique avec grand carré arrière, faible tirant d'eau, en polyester de 1968, et des problèmes de moteur, toujours pas le bon.
Retour à La Grande Motte, où, entre temps, l'agence avec qui je suis en contact, m'indique qu'on rentré un nouveau bateau, qu'ils connaissent bien pour l'avoir vendu il y a quelques années (1995).
Pas très
        beau au départ Malheureusement, ils n'ont pas les clefs, je ne peux voir que l'extérieur de ce voilier de 11 m en bois moulé/époxy, le pont est à repeindre et une partie de l'accastillage a été déposée; à première vue, il n'est pas très engageant (sale).
Je dois retourner sur Paris et je demande à mes interlocuteurs de me transmettre, dès que possible, l'inventaire et les photos de l'intérieur de ce bateau pour mieux évaluer ses propriétés.
Retour sur la région parisienne et consultation de la boîte aux lettres électronique (éMail), les dites photos sont arrivées. Le voilier parait en bon état, clair, avec de la place et des travaux à faire.
Je me renseigne sur la résistance du bois moulé/époxy, que je ne connais pas. Selon Michel, un moniteur de grande croisière avec qui j'ai fait le tour de la Sardaigne, le bois moulé/époxy représente un bon compromis solidité-poids-entretien s'il a été fait sérieusement. Ce type de coque est aussi approprié pour une balade de plusieurs années, facile à réparer et à entretenir. Donc, je continue avec ce bateau.

9 juin 2001 - Nouvelle visite

Prise de rendez-vous pour le week-end qui suit et réservation des billets de train pour Montpellier où le correspondant vient me chercher pour visiter le voilier qui s'appelle Balade. Ce voilier à déjà fait le tour du monde pendant cinq ans, l'agence m'invite à rencontrer les premiers propriétaires et constructeurs de ce voilier pour en connaître l'histoire. Le
        carré à l'achat La première impression en entrant dans le bateau est mitigée, l'intérieur est grand, assez propre, mais le nouveau propriétaire a commencé des travaux qui ne semblent pas très logiques : suppression de la table à cartes d'origine pour en faire un semblant d'atelier, création d'une petite table à cartes dans le carré, en supprimant la bibliothèque et le coin lecture (visible sur des photos anciennes). Suppression de la table à manger et remplacement par une petite table ou seules deux personnes peuvent tenir serrés. Modification des toilettes pour en faire un local de rangements avec WC difficiles d'accès. Bref, du travail en perspective pour en faire un bateau à mon goût.
Après une longue discussion avec les premiers propriétaires qui m'expliquent, photos à l'appui, comment était le voilier avant ces modifications. Ils me racontent les petits soucis qu'ils ont eus, l'étai qui a cassé, car il était monté sans cardan à l'embase de l'enrouleur Proful (l'un des premiers installés), le problème de désamorçage régulier du circuit de gasoil, dont le remède est une simple nourrice de dix litres posée au-dessus du niveau du moteur et qui est alimenté par une pompe à partir du réservoir principal. Le génois qui a explosé en Mer Rouge, ainsi que la grand voile, et un nombre de petits détails très intéressants pour la préparation de cette grande aventure.
Nous échangeons nos coordonnées afin de rester en contact, car cela leur fait très plaisir de voir que leur voilier repart sur la mer pour un grand tour.
Il reste maintenant à négocier le prix et faire expertiser la "bête" pour garantir la transaction. Le rendez-vous est pris pour le mercredi 20 juin avec l'expert et le cabinet de vente.
Ah au fait, c'est un dériveur intégral avec puits de dérive vertical, le tirant d'eau variant de 0,65 m à 2,20 m, un lest extérieur en forme de 2,5 tonnes vissé par 24 boulons dans un décrochage réalisé sous le bateau afin de garder la forme de la carène. C'est un plan "Breguiboule" pour les connaisseurs et la coque a été construite par le chantier "Collignon" en 1982.
Le détail des aménagements est le suivant (de l'avant vers l'arrière) :

  1. Soute à voiles après la baille à mouillage,
  2. Couchette simple à bâbord,
  3. Cabinet de toilette sur tribord et grand rangement à 4 niveaux sur tribord,
  4. La cuisine en L le long de la coque bâbord, avec le puits de dérive vertical qui sépare la cuisine du carré,
  5. Le carré sur tribord en U avec un seul accès sur le coté arrière du carré,
  6. La descente sépare la cuisine-carré de la partie arrière,
  7. La table à cartes est sur tribord en face de la descente,
  8. La cabine double sur bâbord avec sa grande entrée le long du moteur,
  9. La cabine simple (technique) est sur tribord après la table à cartes,
  10. Le moteur est placé sous la descente, très accessible.

Le cockpit est assez grand pour contenir 4 personnes, ce qui sera aussi le nombre de couchette après modification, utile lors de l'arrivé de la famille pour des escales ensoleillées. Mais tout d'abord, il faut terminer cette transaction et attendre la visite de l'expert.

20 juin 2001 - L'expertise

Enfin le jour tant attendu, le rendez-vous avec l'expert est donné pour 9h30 devant le bateau à flot. Entre temps, j'ai remis un peu de gasoil, car le réservoir était totalement vide.
L'expertise du voilier peu commencer. L'expert commence par le moteur, question d'habitude, démarrage de ce dernier sans problème, test de la marche avant, et là oh surprise, il y à une fuite importante d'eau au niveau du presse-étoupe, fuite qui est tout de même contenue par la pompe de cale moteur électrique. La décision de sortir le voilier de l'eau plutôt que prévu a rapidement été prise afin de limiter les dégâts. En fait, après coup, c'est le caoutchouc du joint tournant qui était totalement pourri. Nous voilà partis vers la grue qui va sortir Balade de l'eau depuis deux ans qu'il y était. La mise sur ber n'est pas facile, il n'y à pas de quille pour poser le bateau et la coque est lisse, une première pose sur des bers classiques ne donne pas satisfaction à l'expert et il demande aux personnels de descendre au maximum les bers afin de soulager ces derniers des efforts latéraux exercés par le poids du bateau, environ 6 tonnes. Nouvelle pose sur des bers plus bas et ajout de tins sous le lest afin de garantir la stabilité.
Le voilier va rester un mois complet sur ces bers pour la révision du moteur et un petit toilettage bien mérité.
Nous continuons l'expertise sur ber et ne découvrons pas d'autre mauvaise surprise cachée, l'électricité est à refaire, la peinture du pont aussi, il faut changer le haubanage qui a dix neuf ans, les assurances imposent un remplacement tous les quinze ans pour couvrir le risque de démâtage et une foule de petits détails qui prendront du temps sans trop de soucis techniques pour moi.
La visite de l'expert est maintenant terminée, il m'indique les points qu'il a vus et me conseille une révision complète du moteur en raison du manque d'entretien de ce dernier, une heure en cinq ans, cela n'est pas sérieux. Sinon, pas de problème particulier, mais pas mal de travail pour la remise en état, entre deux et trois mois pour un amateur averti. En fait, il en faudra huit, mais se sera très habitable.
Après le départ de l'expert et de l'agence, je commence le travail de nettoyage de la coque en enlevant les moules et autres dépôts, histoire de rendre le voilier plus présentable, même si la transaction n'est pas terminée et pour m'occuper le reste de la journée. J'en profite pour terminer l'inventaire, avec les quelques détails qui n'étaient pas encore inscrits.

21 juin 2001 - La négociation pour terminer la vente

Après une bonne nuit de sommeil, je contacte l'agence pour l'informer que ce bateau m'intéresse, mais qu'au vu des problèmes de moteur, le prix doit être révisé à la baisse pour couvrir une partie des frais de remise en service.
  La propriétaire actuelle est d'accord au vu des résultats de l'expertise pour diminuer le prix et la vente sera finalisée le lendemain matin.
Je commence donc les travaux les plus importants, comme le remplacement du tuyau de gaz périmé depuis quelques années, le montage d'une pompe de cale supplémentaire pour vider la cale moteur de son eau, le désassemblage du tuyau d'échappement pour localiser la fuite d'eau du presse-étoupe, le nettoyage au jet haute pression de la coque afin de localiser d'éventuels problèmes.
Sur la coque, deux points sont à revoir, la liaison coque/lest avant qui a travaillé, le joint étanche remplit son office, mais la protection a cassé et il faut le refaire, idem pour le passage de la dérive dans le lest. Le reste de la coque est propre et la peinture rouge de la coque est en très bon état.

22 juin 2001 - La vente et le début des travaux

Ce vendredi sera donc un jour à marquer dans le calendrier, l'achat effectif du voilier est réalisé avec échange de papiers : moi un chèque de banque, la propriétaire le livret du bateau, l'agence les actes de vente, dûment signés par les deux parties.
Et voilà, je suis le nouveau propriétaire de ce voilier dont le nom restera Balade, car je n'ai pas d'autre nom à proposer et que celui-ci correspond parfaitement à mes envies.
Après l'achat, arrivent les travaux avant de partir. Les travaux consistent essentiellement à faire la réfection du moteur et à mettre en place le minimum pour vivre à bord le temps de la remontée sur la région parisienne, un mois de navigation fluviale. La vérification de l'électricité, du gaz, de l'eau, du moteur, des vannes et passe-coques, et un grand coup de ménage sont nécessaires.
En
        plein travail Prise de contact avec un mécanicien qui vient de s'installer à La Grande Motte pour la révision du moteur ; les délais annoncés semblent corrects et je prends rendez-vous avec lui pour faire un devis. En fait, ce mécanicien, c'est Guy Cordier, malheureusement célèbre pour son emprisonnement en Haïti en raison du suicide de sa femme. C'est du passé, il repart vers de nouvelles aventures et désire racheter un voilier afin de terminer le tour du monde qu'il a commencé. Il est mécanicien de métier, et travail pour repartir. Cela tombe bien, j'ai un moteur à refaire et lui cherche du travail. Nous tombons d'accord pour le démontage complet du moteur et le remplacement des pièces usagées.
Petite remarque, lors du travail sur le moteur, Guy a été interviewé par une équipe de TF1 dans mon voilier à quai, pour montrer ça volonté de repartir avec ses deux petites filles. C'est passer en septembre à 19h !
La remise en état du voilier commence par une foule de détails : électricité, mécanique, plomberie, menuiserie, accastillage, sécurité, etc. En fait, pendant cette période, je n'ai pas arrêté de bricolé, plus de 180 heures de travail en un mois pour que Balade puisse retrouver l'eau salée dans les meilleures conditions.
Réparation de la jonction lest-coque à l'avant et au niveau de la dérive, remplacement d'une grande partie des fils électriques posés sous gaine.

La
        cale moteur après remise en état Révision complète du moteur, avec une semaine de retard dû à Chronopost qui avait égaré le colis, merci La Poste !
Le moteur avait besoin de cette révision, segment cassé, ressorts de soupape cassés, joint spi qui fuyait, circulation d'eau de refroidissement bouché, jeu au roulement d'inverseur, etc.
J'en ai profité pour nettoyer et modifier les périphériques du moteur, placer un décanteur et déplacer le filtre avec la pompe manuelle à gasoil directement accessible depuis l'ouverture de la cale, bien plus pratique qu'au fond de la cale. Sans oublier le passage d'un petit coup de peinture pour faire propre.
Fixer les câbles électriques et changer le joint tournant, cause de la sortie précipitée.
Remontage du moteur et essai presque sans problème, la commande d'inverseur n'était pas bien réglée, il n'y avait pas de marche arrière. Après un réglage le problème fut résolu.


La peinture du pont
Pour finir, nettoyage intérieur et rangement fut réalisé pendant cette longue période. La peinture du pont a été faite à la fin, la préparation sous le soleil, séchage rapide assuré, mais je ne suis pas un spécialiste de la chose (j'aime pas ça).

Le bateau semble maintenant plus en état qu'à l'arrivé et je suis assez comptant du résultat.





21 juillet 2001 - Le départ de La Grande Motte

Après un mois de "dur" labeur, l'antifouling réalisé, préparation à la mise à l'eau faite, le 21 juillet, Balade est enfin remis à l'eau et fait ses premiers milles avec un moteur en rodage. Donc, petite sortie en mer devant le port de La Grande Motte, retour au mouillage pour déposer Guy, petit réglage de l'inverseur, et départ vers Port Camargue, vu l'heure tardive (17h30). Cette première sortie en mer en tant que "capitaine" d'un voilier "au moteur" fait un bien fou, après un mois de travail pour préparer ce moment (les winches et les rails d'écoute de génois n'ont pas encore été remontés).

Il reste quelques bricoles à faire, elles seront faites lors des premiers arrêts dans les ports de mer ou sur les voies fluviales, affaire à suivre... sur le Chapitre 2.

Chapitre Précédent Retour en haut Chapitre Suivant

Avez-vous des commentaires à faire ? Si c'est le cas, n'hésitez pas à m'envoyer un éMail, merci.